Les projets

Ce que le lieu rêve de devenir

Les Jardins d’Amphipolis ne sont pas un décor achevé, mais une œuvre en cours, patiente, têtue, parfois lente comme un arbre qui s’enracine.
Ici, les projets ne se décident pas seulement sur un coin de table : ils naissent d’un dialogue avec la terre, l’eau, les saisons… et avec toutes celles et ceux qui acceptent d’y prêter leurs mains.

La Forêt interdite

Zone 5 – là où la nature reprend la parole

Au bout du terrain, là où le regard se heurte au sauvage, naît la Forêt interdite.
Cet hiver, elle sera ceinturée de piquets de bois, non pour l’emprisonner, mais pour marquer la frontière d’un espace où l’humain s’efface.

Cette zone, en pleine zone 5 de permaculture, aura une vocation simple et radicale : laisser la nature décider d’elle-même.

Nous y jetons des noyaux, des pépins, des graines d’arbres, auxquels s’ajoutent celles que les oiseaux sèment sans nous demander la permission. Nous n’y taillerons pas, nous n’y désherberons pas, nous n’y tracerons pas d’allées.
Nous regarderons simplement ce qui se passe quand, pour une fois, nous acceptons de ne pas intervenir.

La Forêt interdite sera notre laboratoire d’humilité : un lieu d’observation, de patience, de surprises, où la main humaine se contente de lâcher prise.

La haie fruitière

Redonner du souffle et de l’humus

Plus près du cœur du jardin, une jeune haie fruitière cherche encore sa force. Les arbres y manquent d’histoire sous leurs pieds : le sol, trop pauvre, a besoin d’hummus, de feuilles, de paille, de bois mort, de temps.

Nous avons le projet de :

  • la nourrir, saison après saison, avec des apports de matière organique,
  • lui offrir un paillage profond,
  • protéger ses jeunes racines du soleil brûlant et des vents desséchants,
  • laisser s’installer autour d’elle un cortège de plantes compagnes.

Cette haie deviendra, à mesure que les années passeront, un chapelet d’arbres et d’arbustes fruitiers, abri pour les oiseaux, garde-manger pour les humains, brise-vent pour le jardin-forêt.
Mais pour cela, il lui faut ce qui manque le plus à notre époque : du temps et des mains patientes.

Les baissières de la haie nord

Creuser des réserves d’eau pour les étés à venir

Derrière la haie nord, un autre projet attend son heure : la création de baissières, ces sillons doux qui suivron les courbes du terrain pour retenir l’eau et l’aider à s’infiltrer.

L’objectif est clair : recréer une nappe phréatique dite de surface, qui permettra aux arbres de survivre aux canicules futures.

Ce travail se fera à la main, bêche après bêche, pour ne pas tasser la terre, pour sentir réellement ce que l’on transforme.
Ce sera un chantier long, parfois rude, mais nécessaire si nous voulons que les arbres plantés aujourd’hui puissent nous offrir leur ombre et leurs fruits dans vingt ans.

L’observatoire de la Mare Goutte d’Eau

Voir sans abîmer

Autour de la Mare Goutte d’Eau, déjà sanctuaire pour une foule de petites vies, un projet délicat se dessine : la construction d’un observatoire / promontoire et d’un petit pont.

L’idée n’est pas d’en faire un belvédère spectaculaire, mais un poste discret où l’on pourra :

  • observer la mare sans piétiner les berges,
  • écouter la vie qui s’y déploie,
  • accueillir les enfants et les adultes en bordure du biotope, sans en briser la trame.

Cet observatoire sera comme un balcon sur le monde aquatique, une invitation à apprendre à regarder sans prendre, à se tenir à bonne distance du fragile.

Le Cimetière des aromates

Un clin d’œil à Tim Burton pour célébrer les vivaces

Enfin, quelque part entre le sourire et le sombre, un projet plus fantasque attend de prendre forme : le Cimetière des aromates.

Son esthétique s’inspirera de l’univers de Tim Burton : stèles un peu de travers, arabesques de métal, silhouettes étranges veillant sur les touffes de plantes.
Pourtant, derrière ce décor de faux cimetière, la vocation est tout sauf morne : accueillir, à terme, des plantes vivaces aromatiques et médicinales, robustes, généreuses, qui reviendront chaque année.

Thym, sauge, lavande, menthes, achillées, camomilles et autres alliées y trouveront un écrin un peu gothique, un peu joueur, où l’on viendra autant se soigner que sourire.
Un royaume pour celles et ceux qui aiment les plantes qui sentent fort, qui guérissent, qui résistent.

Un lieu en chantier… et en compagnonnage

Tous ces projets ont un point commun : nous ne les mènerons pas seules.

Ils demandent du temps, des outils, des idées, des épaules, des rires, des essais et des erreurs partagées.
Il faudra des chantiers participatifs, des équipes scouts, des familles, des ami·es, des curieux·ses prêts à donner une matinée, une journée, parfois un peu plus.

C’est pourquoi cette page mène tout naturellement vers la suivante :

Envie de participer ?

Retrouve les chantiers, ateliers collectifs dans la rubrique Participer et son agenda.